Yugurten : sliγ i ṭṭbel

Publié le par Boualem Rabia




A l’origine, Yugarithen (Yugurten) est un roi berbère de Numidie. C’est le petit fils du roi Massinissa.  Il est né aux environs de 160 avant Jésus Christ. Après s’être opposé aux romains durant 7 années, il meurt en prison à Rome en 104 avant Jésus Christ. Yugurthen renvoie à une période antique de l’histoire de l’Afrique du Nord, une période pré-islamique.

 Ainsi, prendre un tel nom suppose un réel engagement identitaire et une volonté de réappropriation de l’histoire. 
Le groupe Yugurten est composé de 5 éléments, tous originaires d’Azazga ou de proches villages: 
Boualem RABIA, est né en  mars 1957 à Azazga. Il a composé les textes de la plupart des chansons du premier 33 tours.  Epris de culture berbère, il s’est fortement intéressé à la littérature orale traditionnelle. 
Il est poète écrivain, Il a écrit différents articles et aussi deux ouvrages, "Recueil de poésies kabyles des Aït Ziki" et "florilège de poésie kabyle".   Il a aussi conçu les dialogues en kabyle du film, Si Mohand u Mhand l’insoumis. 
Il est aujourd’hui enseignant de français dans l’ancien lycée de jeune fille d’Azazga, le lycée Tizi n wuccen.

 -Abdellah SAHKI, est né le 14/05/1956 à Timassit (à l’état civil), commune des Aghrib, dans la daïra d’Azazga.  Il quitte en 1964 son village pour la casbah à Alger où il a du mal à se faire accepter.  Abdellah Sahki dit : "on ne pouvait pas sortir car on était tabassé".  Il fallait qu’on se mette à parler arabe pour s’intégrer.  On a senti cette différence de culture avec les arabophones d’un côté.  Le fait aussi d’être mis à l’écart, d’être désigné du doigt.
Il fait ses études au lycée  Okba à Bal El Ouel, dans un lycée mitoyen de celui où Brahim Izri, Mennad, et d’autres, firent leurs études. Il y avait dans sa classe deux musiciens, musiciens de Sid Ali Naït Kaci, animateur à la chaîne II, et qui ont participé à Tacemlit.  Tacemlit, c’est un 33 tours produit dans les années 1970, regroupant des chansons engagée et identitaire de chanteurs de cette période. 
Abdellah Sahki fit parti d’un petit groupe de lycée, dirigé par Saïd Bouthlava.  Il était lycéen lorsqu’il rencontra et intégra le groupe Yugurten à Azazga. Il enseigne aujourd’hui le français à l’école de Timassit, prés d’Azazga.

 -Mustapha LAHCÈNE est né l en 1957 à Azazga. Il a été lycéen à Azazga jusqu'à 1973.  De 1973 à 1975,il étudie à Tlemcen où il obtient un BTS (brevet de technicien supérieur) d’analyse physico-chimie. 
En 1976, il enseigne la physique et la chimie au lycée d’Azazga. 
De 1977 à 1979, il effectue son service national, 6 mois à Sidi Bel Abbes et 18 mois à Hammam Righa sur les hauteurs de Cherchel.
De 1979 à 1991, il est ingénieur du son au studio Yugurten d’Azazga. 
En 1992, il est technicien sono itinérant à Asnières, en région parisienne, en France.  Ce statut d’intermittent ne lui convient pas car il a une famille à chargeet là il se reconvertit pour devenir artisan taxi à Bobigny.  Il travaille le soir ce qui lui permet de consacrer du temps à sa passion. 

-Hocine SADI est né en 1954 à Ahmil. 

-Smaïl MENSOUS est né en 1957 à Azazga.

 -Mahfoud BOUDJEBLA est né en 1954 à Ighil bu Kyasa près de Yakouren.   Titulaire d’un diplôme en électronique, sans emploi, il faisait des dépannages avant de partir au service national.  En 1970, Mustapha Lahcène intègre la troupe communale artistique d’Azazga, où il rencontre Sadi Hocine et Boudjebla Mahfoud.  Boudjebla jouait du violon et avait une bonne maîtrise du solfège.  Ils se prêtent à la musique moderne en reprenant des titres anglais et français.  


Une section de musique moderne, composée de ces trois éléments, est créée au sein de la structure communale.
Le groupe s’intéresse aussi aux airs traditionnels anciens à travers Taos Amrouche mais aussi à travers les grands-mères de chacun. Déjà, le groupe anime des galas artistiques dans différents villages kabyles. 

 En 1973, Mustapha Lahcène, Sadi Hocine et Boudjebla Mahfoud rejoignent la maison de jeunes d’Azazga. Le directeur, M Hamadouche, les rassure quant à sa totale indépendance face aux autorités.  Ils y trouvent une salle de répétition et du matériel de sonorisation.  Ils y rencontrent une autre troupe dans laquelle s’expriment Boualem Rabia, plutôt orienté vers la poésie, le chant et le bendir, et Smaïl Mansous, plutôt orienté vers la guitare.  Ces deux éléments rejoignent le trio et c’est là que naît le groupe Yugurten. 

Le groupe Yugurten s’inspire d’airs folkloriques anciens, qu’il arrange, modernise pour ses compositions musicales.  Il en est de même pour les textes qu’il puise en partie dans le terroir. 
Ainsi à partir de refrains, le groupe compose de nouveaux textes ou en amalgame plusieurs pour en faire un poème.  En fin de compte, il s’y dégage beaucoup de nostalgie et de tristesse.  On y décèle aussi une certaine authenticité.
Toujours en 1973, le directeur de la maison de jeune,monsieur Hamadouche,met en relation le groupe avec la Radio Télévision algérienne,la RTA.  Celui-ci reçoit une autorisation officielle pour participer à une émission de radio.
En 1974, le groupe Yugurten participe à ses premières émissions radiophoniques à la chaîne II et la chaîne III. Ils y rencontrent les figures emblématiques du moment de la radio à l’image de Medjahed Mohamed, Benhanafi, Anissa, les animateurs de leur première émission et Chérif Kheddam. Dans la foulée, le groupe enregistre à l’auditorium de la chaîne II deux titres: "Aru" et "Suday adu".

 En 1975, Mustapha Lahcène, Boualem Rabia et Smaïl Mensous enregistre deux chansons, Yya a tagmat et  l eerc n tzizwa, au studio Oasis à Alger.  Les chansons du groupe Yugurten passaient régulièrement sur les ondes de cette radio.  Elles étaient très demandées par les auditeurs.  Devant ce succès, Yugurten décide de produire un album. Chérif Kheddam lui suggère de faire l’enregistrement à leur domicile.  Le groupe achète à Alger un magnétophone stéréo Hifi.  Yugurten s’auto-enregistre dans la maison de la grand-mère de Mustapha Lahcène.
 Les bandes d’enregistrement sont remises à Chérif Kheddam, qui à les transmet à sa maison de disque, le Club du Disque Arabe, dirigé par Ahmed Hachelaf, ancien directeur artistique chez Pathé Marconi et créateur du Club du Disque Arabe. 

En 1976, Smaïl Mensous quitte le groupe. Hocine Sadi est démobilisé de l’armée et rencontre Abdellah Sahki qui intègre le groupe pour pallier au départ de Smaïl Mensous.  Abdellah Sahki joue de la guitare d’accompagnement. En 1978, le premier album du groupe Yugurten sort à Paris.  Il bénéficie d’une faible diffusion en France et est totalement absent du marché algérien. 

1980 -Printemps berbère: Arrestation,et emprisonnement des membres du groupe. 

En août 1980, quelques mois après le printemps berbère, il assure une partie de l’animation du premier séminaire du MCB, Mouvement Culturel Berbère, tenu à Yakouren en août 1980.

Le groupe Yugurten a beaucoup puisé dans le terroir dans ce première album, ceci tant du point de vue des airs que des paroles.  La musique du groupe, repose essentiellement sur des airs folkloriques.  

En 1983, sort chez Numidie Music, un deuxième album «Tafsut n prague »
1983, Yugurthen Hocine sort chez Numidie Music, en solo, un album.

Des printemps, il y en a eu dans le passé, et il y en aura encore dans le futur…

 M.Mhanda, source : http://musickabyle.musicblog.fr/49/
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T
<br /> cette histoire de ce groupe que je connais tres bien ne tiens pas du tout la route l'avenir le prouvera.<br /> <br /> <br />
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F
<br /> azul azul mess sligh itbel;la meilleur de tous les temps. tanmirth.<br /> <br /> <br />
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