Réflexion sur la culture,en Algérie.

Publié le par Boualem Rabia

                        - 1° partie-

  -Pour se faire tatouer,il faut donner de son sang,dit en substance un adage kabyle( Tichradh s idammen)
Cette sentence du terroir pose nettement l'épineux problème inhérent à la création artistique en Algérie.Chez
nous,un créateur artistique,au sens légitime du terme,est tenu de ne compter que sur son sacrifice,son abnégation,et ce même dans le dénuement:l'Etat algérien a fait du domaine de la Culture le parent pauvre de l'Algérie indépendante.
   Jusqu'à une date assez récente,tout créateur culturel adepte de la liberté d'expression était voué aux gémonies.Quoi qu'il tentât de créer pour se dire et dire sa société,il ne pouvait le faire qu'à ses risques et périls.Et,bien entendu,la manne du ministère concerné lui était hermétiquement close,quand elle se montrait si généreuse avec des "festivals",des"colloques"(...)qui très souvent n'avaient absolument rien à apporter de positif ou d'édifiant à la Culture profondément algérienne!
    Ceci dit,à mon sens et cela n'engage que moi,on ne peut concevoir d'oeuvre artistique que née des tréfonds
d'une sensibilité jaillissante,malgré tous les interdits,en dépit de toutes les entraves socio-politiques qui freinent la volonté et la conviction du créateur d'Art.Or -et ce n'est un secret pour personne- la sensibilité,la volonté et la conviction des fervents de la culture authentiquement algérienne étaient ,durant des décennies occultées par les milieux officiels faiseurs d'une culture sciemment importée,promue à coups de budgets et de slogans,insidieusement encouragée dans le dessein inavoué de la voir supplanter l'Identité authentiquement algérienne,en particulier et maghrébine en général.
    D'aucuns seraient étonnés que j'écrive à l'imparfait,alors que la nocivité et l'absudité de cette politique culturelle en Algérie (et au Maghreb)est encore de mise,aggravée même par le phénomène de l'intégrisme religieux qui renie tout ce qui n'est pas arabo-musulman.
    Culturellement pensant,compter sans la vérité d'être du Pays profond,nul créateur artistique digne de ce nom(cinéaste,musicien,écrivain,peintre,dramaturge...)ne peut participer au développement culturel de ce Pays.En revanche(hélas!)il participe  à la mort définitive d'une réalité historiquement irréfragable ,au mieux à la folklorisation d'une identité culturelle plusieurs fois millénaire.De fil en aiguille:on a bien vu des "artistes"des 
régimes politiques investir les musées,les podiums,les salles d'exposition ...Ai-je besoin de rappeler la belle phrase prononcée par un ministre norvégien des années 80:"Celui qui paie l'orchestre choisit le répertoire."Mais qu'en restera-t-il de cet orchestre et de celui qui l'a financé?Eux qui ont toujours marché à la baguette,par le lucre et pour le lucre!!!
     Soumis à une règle du jeu où les compétences sont devenues vaines et sans avenir,soumis à une censure parfois draconienne,beaucoup de femmes et d'hommes de culture ont préféré rester éveillés et libres,afin que leur oeuvre puisse l'être par voie de conséquence.Ils ont refusé de choisir l'exil pour pouvoir s'exprimer.
Encore une fois:TICRADH S IDAMMEN .
     Loin du terreau où foisonne notre vérité d'être,loin de l'environnent culturel qui reflète la réalité de notre essence,de notre Histoire,de notre société,de notre entité,on est réduit à végéter avec son "art".Loin de ses repères,notre expression artistique ne peut qu'être dénaturée,dévitalisée,aliénée.Il est donc des femmes et des hommes de culture qui,même poussés à la dernière extrémité du risque omniprésent,ont refusé d'abdiquer,d'être à la botte de quelque idéologie que ce fût.Ils ont opté pour le combat inexpugnable.Car n'ont-ils pas le devoir urgent d'assumer un rôle actif dans la vie et la culture de leur peuple soumis,par des méthodes pernicieuses,à une acculturation et à une aliénation culturelle aux conséquences désastreuses pour l'Algérie d'aujourd'hui.Regardons autour de nous et jaugeons cette réalité  de la société algérienne!
      J'y reviens:si des hommes de culture ou de lettres ont exprimé leur approbation infamante à la médiocrité et/ou à l'aliénation culturelle de l'Algérie profonde,d'autres parmi de grandes figures authentiquement algériennes ont refusé de prendre place parmi ce panel pour la déstruction ou la déstructuration de nos valeurs et de nos repères culturels et éducatifs honnis par notre école devenue le tabernacle de l'intégrisme.Ici,il faut dire aussi que l'un des problèmes fondamentaux de l'Algérie est un problème d'éducation .Encore une fois,regardons autour de nous:un vrai gâchis,à tout point de vue.
    

  

Publié dans Réflexions

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M
<br /> Ca fait plaisir de voir qu'il y a toujours des gens qui militent pour la culture berbère , Bonne continuation<br /> <br /> <br />
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M
<br /> c'est tous a fait ça<br /> <br /> TICHRAD S IDAMEN<br /> <br /> <br />
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